Conférence de Annie Birraux


Annie Birraux

Dans le cadre du colloque « Rencontre(s) à l’Adolescence », la psychiatre et psychanalyste Annie Birraux a évoqué « Ceux qu’on a du mal à rencontrer ». En prenant du recul sur sa profession, Annie Birraux, n’hésite pas à porter une réflexion sur la rencontre avec l’adolescent et à amener le professionnel à s’interroger sur sa pratique, une remise en question qui lui semble nécessaire pour bien accompagner un ado.

Pour Annie Birraux, la rencontre avec un adolescent est une épreuve, une épreuve pour lui mais aussi pour le psychothérapeute. Ce qui va intéresser le psychothérapeute « c’est au fond l’impact de la puberté sur le fonctionnement psychique c’est-à-dire sur les représentations et les fantasmes de l’adolescent ». La psychothérapeute va s’intéresser  « à son monde interne, à ses représentations les plus intimes, les plus secrètes, celles qu’il n’a pas envie de livrer ». Pour cela l’ado doit être en confiance. Annie Birraux rappelle qu’il faut laisser l’ado s’exprimer, le laisser parler de son quotidien, de sa propre vie, de ce qui le préoccupe avant de s’intéresser à son psychisme soit pour l’aider à résoudre ses conflits identitaires soit pour l’aider à « résoudre son Œdipe génital c’est-à-dire résoudre sa relation aux images parentales ». Au final, l’ado doit s’approprier ses propres images et ses propres désirs sans avoir l’influence du jugement des parents.

Pour y arriver, il faut donc que le psychothérapeute rencontre l’adolescent. Mais comme il est dit précédemment la rencontre est une épreuve et si cette rencontre échoue, Annie Birraux explique que l’échec provient du psychothérapeute. La psychothérapie ne doit pas être systématique et elle doit se réfléchir, qu’elle soit une demande des parents, une demande d’injonction de l’infirmière ou encore une demande d’urgence. La demande ne doit pas être faussée par l’aveuglement de bien faire ou à cause de la compassion ou la séduction.

Pour mener à bien une psychothérapie, il faut aussi avoir bien analysé sa propre adolescence qu’on a tendance à magnifier en oubliant les problèmes qu’on a eu à rencontrer. Et ajoute Annie Birraux, il ne faut pas se comporter comme un copain avec l’ado mais bien marquer la différence des générations. En effet, « une proximité trop proche avec un ado peut bloquer la relation thérapeutique ».

Pour résumer, le travail du psychothérapeute est « d’entraîner une transformation du monde interne de l’ado ». La première rencontre est importante c’est pourquoi elle doit se réfléchir et s’analyser.

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