Séville vibre au son du flamenco


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Fin septembre. Alors que Séville est encore en pleine effervescence en partie grâce au festival du flamenco qui attire aussi bien les puristes que les touristes, Carmen Segura, directrice et professeur de flamenco au conservatoire professionnel de danse de Séville Antonio Ruiz Soler m’invite à pénétrer dans un lieu mythique.

Le conservatoire est situé dans le pavillon de l’Argentine, l’un des pavillons construits pour l’exposition ibéro-américaine de 1929 dans le but de permettre à l’Espagne de retrouver sa grandeur et donc de développer son économie après avoir perdu ses colonies notamment Cuba et Porto Rico lors de la guerre hispano-américaine en 1898. Le conservatoire du flamenco accueille aujourd’hui de jeunes élèves qui aspirent à devenir aussi célèbres que leurs professeurs.

Et c’est donc aux sons des « planta- tacón » et des » golpe » que la belle Ana Moya, célèbre danseuse professionnelle reconvertie en professeur dans le seul but de transmettre sa passion et  ses connaissances à de jeunes élèves prometteurs m’explique chaleureusement la vie de ces jeunes adolescentes au conservatoire.

Le conservatoire est une école d’état qui accueille des élèves, après une rude sélection, à partir de l’âge de huit ans pour quatorze années durant. Les élèves consacreront cinq heures par jour à la danse mais aussi à des cours théoriques comme  l’histoire du chant, de la guitare, de la danse ou encore à des cours d’anatomie. Et l’après-midi, les élèves iront au collège ou au lycée.

On ne choisit donc pas par hasard d’intégrer le conservatoire. Motivées dès leur plus jeune âge, les futures élèves sont baignées très tôt par la musique, le chant et la danse flamenco. Le flamenco qui représente à leurs yeux plus une passion qu’une tradition. Et pour faire vivre et partager cette passion, elles vont subir des années d’apprentissage et de répétitions.

Les élèves s’accordent pour dire que le flamenco demande beaucoup d’heures et de courage et qu’il faut s’accrocher pour combiner la danse et les études. Et ce n’est pas Melisa G., âgée de seize ans, qui a commencé à danser à l’âge de cinq ans, qui vous dira le contraire. « C’est parfois un sacrifice car combiner la danse et les études requiert beaucoup d’heures, beaucoup de force »  Maria F, seize ans, qui a commencé à dix ans  affirme qu’il faut beaucoup de répétitions et beaucoup d’heures mais qu’elle a  le courage de continuer.

Mais leur passion pour le flamenco les encourage à avoir cette force en elles pour poursuivre et s’accrocher. Elles ont choisi cette voie soit pour intégrer une compagnie de danse, soit pour enseigner ou encore devenir danseuse soliste, ce dont rêve Ainhoa L. qui imagine son avenir « dans le monde de l’enseignement comme professeur de flamenco ou comme artiste soliste ».

Baignées très jeunes dans le monde du flamenco, elles n’imaginent pas faire autre chose, c’est leur passion et comme dit Maria C. « Si tu n’aimes pas danser, ne te force pas parce que c’est très dur et difficile mais danser te permet de voler et de rêver, ce que je souhaite à tout le monde ».

N’allez pas croire qu’il suffit de taper du pied pour danser le flamenco. Loin de là ! Le flamenco est une discipline bien plus complexe qu’il n’y parait et les élèves du conservatoire ne font pas de la figuration. Pendant plus de dix ans, elles apprendront les différentes variantes du flamenco qui chacune exprime des sentiments spécifiques.  Après dix ans elles pourront intégrer une compagnie de danse ou poursuivre leurs études.

Alors quand vous irez voir un spectacle de flamenco, pensez  qu’avant d’être sur scène, ces danseurs et ces danseuses ont travaillé dur pour vous transmettre des émotions qui vous donneront des frissons pour longtemps.  Le flamenco ne s’écoute pas, ne se regarde pas, le flamenco se ressent. Et comme dit Natalia, âgée de seize ans, « Ne marche pas, danse ! ».

Bravo à ces jeunes filles courageuses qu’on aura le plaisir de voir danser dans quelques années et merci à Carmen et Ana pour leur accueil et d’avoir accepté l’interview.

Traducción del artículo para nuestros amigos españoles.

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