L’éducation Guyanaise en berne


Ecole Guyane

En ce lundi 27 mars, la Guyane entame une grève générale pour manifester contre la délinquance et les inégalités qui touchent le département. Des inégalités exponentielles et croissantes qui touchent tous les secteurs d’activités par rapport au reste de la métropole et le secteur de l’éducation n’est pas épargné.

En général, les collégiens et les lycéens débutent leurs cours à sept heures et les terminent à dix-sept heures avec deux heures de pause entre midi et quatorze heures. Rien d’exceptionnel jusque  là sauf que pour se rendre dans les établissements scolaires, certains élèves habitant le long du fleuve se lèvent à quatre heures du matin pour d’abord prendre la pirogue qui les déposera de l’autre côté du fleuve Maroni et ensuite prendre le bus scolaire qui les emmènera à l’école. Ceci étant dit, le bus scolaire n’a pas toujours d’horaire fixe et parfois si le conducteur du bus est absent pour x raisons, il est rarement remplacé.  Trois heures se sont déjà écoulées en transport avant d’entamer les cours.

La pause déjeuner, pourrait-on croire ressourçante, ne l’est pas pour les élèves qui ne sont pas en internat.  En effet, si des collégiens et des lycéens ont la chance de fréquenter les établissements scolaires, leurs familles qui payent les livres et les fournitures scolaires n’ont pas toujours assez d’argent pour financer le déjeuner. Alors certains ne mangent pas et vont traîner dans les rues où ils peuvent faire de mauvaises rencontres en attendant la reprise des cours.

A la fin des cours, ils rentrent chez eux dans les mêmes conditions. A vingt heures (la nuit tombe à dix-huit heures) quand ils sont enfin rentrés chez eux, ils sont trop fatigués pour faire les devoirs et tous n’ont pas l’électricité. De plus, certains aideront la famille à organiser le repas et à effectuer les tâches ménagères.

Si certains ont la chance de fréquenter les établissements scolaires, ce n’est pas le cas pour tous car il faut payer le transport, le repas du midi et les ouvrages scolaires. Alors la facilité, si on peut dire, est de glisser dans la délinquance ou devenir maman très jeune pour au moins avoir un statut social et être donc reconnue comme telle.

Peut-être faudrait –il aménager les horaires en fonction des conditions de vie des Guyanais vivant le long du fleuve, peut-être faudrait-il prévoir des bus scolaires qui arrivent et partent à l’heure, peut-être faudrait-il que les ouvrages scolaires soient mis à disposition des élèves gracieusement comme c’est le cas en métropole ?

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